29 juillet 2006

Pink Floyd

108398384_smallPink Floyd est un groupe de rock britannique formé en 1965, célèbre pour ses albums-concept complexes et audacieux. Ce groupe a connu son heure de gloire dans les années 1970 grâce à des albums tels Dark Side of the Moon (1973) et The Wall (1979) qui ont redéfini la musique populaire de l'époque. Pink Floyd se distingue par ses compositions de rock progressif, mais aussi par l'ingéniosité de ses premiers albums psychédéliques
Membres du groupe
Syd Barrett - guitare, chant (présence dans le groupe: 1965-1968)
David Gilmour - guitares, basse, chant (1968- )
Nick Mason - batterie, percussions (1965- )
Roger Waters - basse, guitares, chant (1965-1985 ; retour pour le Live 8 à Londres en 2005)
Richard Wright - claviers, chant (1965-1981, 1987- )
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Histoire
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1967-1968 : l'attraction psychédélique
Pink Floyd était constitué de Syd Barrett (chant, guitare), Richard Wright (claviers, chant), Roger Waters (basse, chant) et Nick Mason (batterie). Le nom original du groupe, Tea Set, fut abandonné après que le groupe se soit trouvé à l'affiche avec un autre groupe du même nom. Barrett proposa sur le coup une alternative, The Pink Floyd Sound. Le nom était un hommage à deux musiciens de blues, Pink Anderson et Floyd Council. Le mot "Sound" fut vite abandonné. À l'origine, membres de la scène rock underground, leurs compositions principalement écrites par Barrett sont un mélange de rock psychédélique américain, de whimsy britannique et d'un peu de blues (particulièrement dans les solos de guitare).

Sorti en août 1967, le premier album du groupe, The Piper at the Gates of Dawn (nom tiré d'un chapitre du Vent dans les Saules de Kenneth Grahame)) est considéré comme un exemple typique de rock psychédélique britannique. L'album fut un succès au Royaume-Uni, mais pas aux États-Unis. À cette période, le groupe partit en tournée avec Jimi Hendrix, ce qui leur valut une certaine notoriété.

En 1968, Syd Barrett souffre d'une dépression nerveuse attribuée à l'usage prolongé de drogues psychédéliques (essentiellement le LSD), à la pression liée à l'écriture, aux enregistrements et aux tournées permanentes. Sa contribution au deuxième album est trop dérangeante pour être utilisée et ses performances scéniques se limitent à jouer la même note pendant toute la soirée. Le comportement de Barrett dans la vie courante est devenu imprévisible : il oublie où il se trouve, ne se rend pas aux concerts. Afin de permettre tout de même au groupe de jouer, les autres membres invitent le guitariste David Gilmour, ami d'enfance de Barrett, à rejoindre le groupe afin de pouvoir assurer des spectacles. Gilmour devait assurer les parties de guitare et de chant normalement assurées par Barrett. Pink Floyd joue ainsi à cinq pendant un très court temps, avant d'exclure Syd Barrett, devenu totalement incapable de jouer sur scène.

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1969-1972 : expérimentations musicales et envol du groupe
Alors que Barrett a écrit la majeure partie du premier disque, The Piper at the Gates of Dawn (1967), il contribue peu au second A Saucerful of Secrets (1968), forçant le groupe à prendre une nouvelle direction. Avec la perte de leur principal compositeur et fondateur, Gilmour restera pour conserver l'intégrité du groupe. Avec son arrivée, le son se durcit un peu. C'est Roger Waters qui émerge comme éminence grise et parolier absolu du Pink Floyd. Le disque suivant Ummagumma (1969), est un mélange d'enregistrements de prestations scéniques et d'expérimentations avant-gardistes par chacun des membres en solo. Avec cet album, Pink Floyd s'écarte de ses prétentions underground pour un son rock un peu plus conventionnel confirmé dans les trois albums suivants. Ummagumma est suivi la même année de Music from the Film More ou plus simplement More. More est en fait la bande sonore du film More de Barbet Schroeder. Cet album se distingue par son son acid folk et même heavy metal avec The Nile Song. Atom Heart Mother (1970), quant à lui, est un exemple d'album rock avant-garde avec une pièce éponyme de plus de 23 minutes sans parole et avec orchestre, et une autre, Alan's Psychedelic Breakfast, où on entend quelqu'un, en l'occurrence Alan, prendre son petit déjeuner, entrecoupé de courts passages musicaux. Meddle (1971) est probablement l'album qui a consacré Pink Floyd comme un des groupes majeurs de l'époque grâce à Echoes, un titre de vingt-trois minutes, et One of These Days, devenu un classique de leurs concerts. Par ailleurs, c'est Meddle qui définit le son de Pink Floyd comme progressif, c'est-à-dire de longues pièces complexes et souvent divisés en plusieurs mouvements. Finalement Obscured by Clouds (1972), une autre bande sonore de film (La Vallée) confirme la voie empruntée par les musiciens de Pink Floyd.

Pour petite anecdote The Piper at the Gates of Dawn ne se traduit pas par « le joueur de flûte aux portes de l'aube » mais plutôt par « le fumeur au seuil du vide » ; Ummagumma peut se traduire par « pâte à rire » ou même, selon d'autres, par une expression d'ordre sexuel. De plus, Stanley Kubrick aurait demandé à Roger Waters la permission d'utiliser Atom Heart Mother pour son film L'Orange mécanique. Cependant, cette permission lui aurait été refusée. Le groupe aurait par la suite regretté après avoir visionné l'œuvre de Kubrick

1973-1977 : les années glorieuses

David Gilmour réfute les accusations de tentations commerciales lorsque leur album Dark Side of the Moon connaît un succès massif en 1973 avec le titre Money. Cet album restera dans le top 200 américain pendant plus de quatorze ans, battant de nombreux records, c'est l'un des albums les plus vendus de tous les temps. Sa pochette (créée par Hipgnosis), représentant la dispersion de la lumière par un prisme, est célèbre. Dark Side of the Moon est un album-concept dont les thèmes dominants sont le vieillissement, la folie et la mort. C'est un album techniquement très élaboré, avec l'utilisation du nouvel enregistreur 16 pistes du studio Abbey Road, le talent de l'ingénieur du son Alan Parsons, les titres sont méticuleusement enchaînés, la guitare de Gilmour est envoûtante ; Richard Wright joue de ses synthétiseurs de manière tellement innovante qu'elle va donner l'exemple à tout un courant musical, en Allemagne surtout. Selon une rumeur persistante, Dark Side of the Moon serait une bande son synchronisée pour le film Le Magicien d'Oz.

Dark Side of the Moon et les trois albums suivants (Wish You Were Here, Animals et The Wall) sont souvent considérés comme les plus aboutis de la carrière des Pink Floyd. Des tensions émaillent l'enregistrement de Wish You Were Here, elles auraient pu conduire à la dissolution du groupe, mais les efforts des membres génèrent un excellent album, avec des paroles touchantes. Le morceau principal Shine On You Crazy Diamond est un long hommage à Barrett dont l'esprit semblait continuer à hanter le groupe. Une anecdote troublante : Syd Barrett, impromptu, a rendu visite au groupe aux studios d'Abbey Road alors qu'ils étaient en train de mixer Shine On You Crazy Diamond. Le groupe ne l'a initialement pas reconnu.

En 1977, avec l'enregistrement de l'album Animals, le groupe est de plus en plus critiqué et stigmatisé par le courant punk pour qui il symbolise l'avachissement et la prétention du rock bien loin de la simplicité des débuts du rock'n'roll. Les animaux sont utilisés comme métaphores des hommes dans certains titres de l'album Animals, influencé par La ferme des animaux de George Orwell. Pour l'anecdote, la photo de couverture de l'album représente la Battersea Power Station survolée par un énorme cochon commandé pour l'occasion à une fabrique hollandaise de zeppelins. Le fil reliant le cochon au sol ayant cédé, le ballon s'envole et est finalement retrouvé dans un champ près de Canterbury. La pochette de l'album contient d'ailleurs des copies de coupures de presse expliquant que la RAF est intervenue pour intercepter les cochons volants.


1979-1983 : la domination de Roger Waters
En 1978, Roger Waters présente aux membres du groupe deux albums déjà écrits : The Wall dont les thèmes principaux sont le mur séparant l'artiste de ses fans et l'aliénation de l'individu par la société, et The Pros and Cons of Hitch Hiking. The Wall sera choisi, et le deuxième sera enregistré plus tard et en solo par Roger Waters. La critique salue avec enthousiasme The Wall en 1979, quelques phrases extraites des textes vont marquer les esprits, We don't need no education, we don't need no thought control, (nous n'avons pas besoin d'éducation, nous n'avons pas besoin de maîtres à penser) et Comfortably Numb, (confortablement engourdis). Ce fut le début d'une collaboration entre le groupe et le compositeur Michael Kamen. Cet album, prélude à une série de concerts dont la logistique est tellement lourde que la tournée ne couvrira que quatre lieux (et dont il sortira un double album Is There Anybody Out There? en 2000), témoigne de l'influence grandissante de Roger Waters, les autres membres vont en prendre ombrage et Wright est rejeté du groupe par Waters. C'est le premier album à l'époque qui réussit à faire de l'ombre à Dark Side of the Moon.

En 1983 sort The Final Cut, album atypique qui n'a d'album de Pink Floyd que le nom, puisqu'on peut lire sur la pochette que c'est une œuvre de Roger Waters, jouée par Pink Floyd. Waters, qui a pris de plus en plus d'importance dans le groupe, estime que celui-ci n'a plus vraiment de raison d'être. Ne pouvant par contrat le dissoudre, il quitte le groupe en 1985, en se disant que celui-ci ne survivra pas à son départ puisqu'il en était devenu la seule force créatrice.


1987-1995 : David Gilmour prend les rênes
Ce n'est pas l'avis de David Gilmour, qui en 1986 décide de relancer le groupe avec Nick Mason. Des batailles juridiques s'engagent avec Roger Waters qui leur conteste le droit au nom du groupe sans sa présence. C'est pourtant sous le nom du Floyd qu'ils vont sortir en 1987 A Momentary Lapse of Reason, le groupe étant pour l'occasion épaulé à l'écriture et à l'enregistrement par une série de musiciens externes, dont Tony Levin et Richard Wright qui réintègrera officiellement le groupe lors de la tournée qui va suivre. En 1994, c'est un groupe plus soudé qui sort The Division Bell, sur lequel on notera la participation de Michael Kamen. Cet album fut un prélude à une gigantesque tournée mondiale

2005 : Tous ensemble pour le Live 8

Pink Floyd s'est reformé le temps d'un concert à l'occasion du Live 8, le 2 juillet 2005, à Londres, Hyde Park. Le groupe était au complet, avec David Gilmour, Roger Waters, Nick Mason et Richard Wright, et avant d'entamer Wish you were here, Roger a rendu hommage à Syd :

« It's actually quite emotional, standing up here with these three guys after all these years. Standing to be counted with the rest of you. Anyway, we're doing this for everyone who's not here, particularly, of course for Syd. »

(C'est un moment émouvant, debout ici avec ces trois gars, après toutes ces années. Debout avec vous tous. Quoi qu'il en soit, nous le faisons pour ceux qui ne sont pas là, en particulier pour Syd bien sûr.)

Les rumeurs d'une éventuelle reformation de Pink Floyd allaient bon train depuis leur concert donné l'été dernier à Londres, mais apparemment infondées. C'est ce qu'a déclaré David Gilmour au quotidien italien La Republica, alors que beaucoup de fans croyaient dur comme fer que Pink Floyd redonnerait des concerts avant la fin de l'année :

« Le groupe ? C'est terminé. On s'est juste réuni pour la bonne cause, mais franchement je n'en ai plus du tout envie... Et ça n'a rien à voir avec Roger Waters, parce que même sans lui je ne reformerai pas Pink Floyd. Jouer avec Pink Floyd demanderait trop de travail, et j'en ai marre des pressions. Maintenant j'ai une vie tranquille, et puis j'ai 60 ans... Je préfère bosser seul, et je le vis très bien. »


Discographie

Albums
1967, The Piper at the Gates of Dawn ;
1968, A Saucerful of Secrets ;
1969, More, musique du film éponyme de Barbet Schroeder ;
1969, Ummagumma ;
1970, Atom Heart Mother ;
1971, Meddle ;
1972, Obscured by Clouds, musique du film de Barbet Schroeder, La Vallée ;
1973, Dark Side of the Moon ;
1975, Wish You Were Here ;
1977, Animals ;
1979, The Wall ;
1983, The Final Cut ;
1987, A Momentary Lapse of Reason ;
1994, The Division Bell ;

Enregistrements de concerts
1969, Ummagumma ;
1988, Delicate Sound of Thunder ;
1995, Pulse ;
2000, Is There Anybody Out There ?, de la tournée The Wall
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Compilations
1971, Relics ;
1973, Masters of Rock ;
1981, A Collection of Great Dance Songs ;
2001, Echoes ;

Autres
1970, Zabriskie Point, participation à la musique du film éponyme de Michelangelo Antonioni, notamment avec le morceau Careful With That Axe, Eugene.
1983, Works, compilation non-officielle ;
1999, Pink Floyd in London 1966*1967, avec un CD-ROM bonus (vidéo et interview) ;
2003, Dark Side of the Moon en SACD (couverture spéciale à l'occasion du trentenaire de l'album).
Il existe aussi de nombreux disques d'enregistrements pirates de plus ou moins bonne qualité dont le principal mérite est de montrer des versions concerts de morceaux très peu joués.

Filmographie
Pink Floyd à Pompéi, d'Adrian Maben, 1972 ;
Pink Floyd The Wall, un film d'Alan Parker, écrit par Roger Waters, avec Bob Geldof et des animations de Gerald Scarfe, 1982;
P.U.L.S.E, vidéo du concert de l'Earls Court à Londres, 1995.
1999, Pink Floyd in London 1966*1967

Posté par drack_vampire à 15:20 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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